Sujet de stage
Titre :
Exploration en imagerie de source électrique des décharges intercritiques et critiques dans les épilepsies focales structurelles frontales enregistrées simultanément en EEG de surface et en SEEG.
Dates :
2021/11/01 - 2022/10/31
Description :
Les épilepsies focales structurelles pharmaco-résistantes représentent environ 25% de toutes les épilepsies. Ces
patients sont adressés dans des centres tertiaires d'évaluation pré-chirurgicale pour déterminer si leur épilepsie
pourrait être guérie par la chirurgie de résection. Cette technique de neurochirurgie fonctionnelle curative repose
sur l'identification et la délimitation des aires corticales responsables de l'initation des crises, appelées zone
épileptogène (ZE). Bien que cette ZE correspond dans la majorité des cas à des lésions cérébrales à l'examen
anatomo-pathologique des pièces d'exérèse, les techniques actuelles d'imagerie structurelle et même
fonctionnelle du cerveau (IRM 3T, PET scan) échouent fréquemment à délimiter précisément cette ZE (Maillard et
al., 2017). Il y a en effet une discordance très fréquente (partielle ou totale) entre la ZE et l'anomalie structurelle
quand celle-ci est visible et dans 40% des cas, il n'y a même pas d'anomalie structurelle visible en IRM,
notamment dans le cas de dysplasies corticales focales (qui sont les causes les plus fréquentes des épilepsies du
lobe frontal). Or les épilepsies du lobe frontal sont l'une des formes les plus invalidantes d'épilepsies focales
structurelles car ses crises sont violentes, fréquentes, se caractérisent par des comporements hypermoteurs, avec
des chutes possibles, survenant la nuit, associées avec une surmortalité par mort subite, mais aussi avec des
troubles des comportements sociaux, cognitifs (Beleza, J Clin Neurosci, 2011).
L'imagerie de source électrique (ISE) est une technique neurophysiologique peu couteuse qui combine la haute
résolution temporelle de l'EEG et la haute résolution spatiale de l'IRM. Elle permet de modéliser les sources
corticales des décharges épileptiques enregistrées sur l'EEG de surface et contribue ainsi à localiser la ZE
présumée, permettant de guider l'implantation des électrodes profondes utilisées pour les enregistrements intra-
cérébraux (Stéréo-EEG) qui restent la méthode de référence pour délimiter la ZE et aboutir à une proposition de
résection (National Research Council (US) and Institute of Medicine, 1996) (Michel Christoph, Frontiers in
Neurology, 2019). L'SE est plus sensible et spécifique que l'IRM et le PET-scan pour localiser la ZE (Malpass, Nat
Rev Neurol, 2011). L'une des limites cependant de l'ISE est qu'elle nécessite d'abord d'identifier les décharges
épileptiques sur le scalp. Or, sur la base d'enregistrements EEG intra-crâniens et de scalp, nous avons montré que
seulement 16% des sources épileptiques intercritiques dans les épilepsies du lobe frontal étaient visibles en
surface par la seule analyse visuelle. Une deuxième limite est que la concordance entre les localisations obtenues
par l'ISE et la ZE confirmée par la SEEG reste très insuffisante. Ce défaut de concordance pourrait être lié au fait
que les sources épileptiques intra-cérébrales les plus focales restent indétectables sur l'EEG de surface et que
seules les sources les plus étendues (correspondant déjà à de la propagation) seraient visibles et donc localiser
par l'ISE. ((Koessler, Brain Topography, 2014).
Une façon de tester cette hypothèse serait d'extraire les évènements épileptiques de l'activité de fond de l'EEG de
scalp à partir des enregistrements simultanés intra-cérébraux (Ramantani, Epilepsia, 2014), d'appliquer les
algorythmes de localisation de source et de comparer les localisations obtenues à celles des localisation dérivées
de l'EEG-HR non simultané, voire des pointes propagées.
Dans cette étude monocentrique rétrospective observationnelle (réalisée dans un centre tertiaire d'épileptologie,
centre de référence des épilepsies rares), toutes les données cliniques et neurophysiologiques sont déjà
disponibles, de même que les outils software d'imagerie de source et que l'expertise clinique et de recherche
pour analyser et interpréter les données obtenues. Le projet sera supervisé par le PR Louis MAILLARD
(responsable du centre d'épileptologie du CHRU de Nancy) et le DR Laurent KOESSLER, CR CNRS, spécialiste de
l'imagerie de source électrique, de la modélisation des milieux de propagation.
Mots clés :
SEEG, EEG-HR, épilepsie, imagerie de source électrique
Conditions :
durée un an (année recherche), Centre de Recherche en Automatique de Nancy, dpt BIOSYS, projet Neurosciences
des systèmes et de la cognition = lieu de stage, employeur = CHRU (interne en année recherche), rémunération
prévue statutairement pour l'année recherche; profil attendu: interne de neurologie ou pédiatrie, ayant une
expérience et un intérêt pour l'épileptologie, l'EEG et la neurophysiologie (caractérisation des sources
épileptiques)
Département(s) : 
Biologie, Signaux et Systèmes en Cancérologie et Neurosciences
Financement :
Année recherche (statut d'interne, financé par le CHRU de Nancy)
Publications :
Rikir et al., 2020, Ramantani et al., 2014, Koessler et al., 2014, 2015, Abdallah et al., 2017    + CRAN - Publications